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Je t’Aime Moi Non Plus (extraits)

21 février 2017 - Nos livres

Extrait 1/3

La peinture fraîche est en train de sécher sur la toile en se rétractant telle une plaie se cicatrisant. « Le vice » embaume la pièce de son parfum animal comme si Wélia était là, comme si je venais de la pervertir. Innocente petite oie blanche, je l’imagine déjà à travers cette toile se débattant sous mon joug avant de plier. Le matériel nettoyé, je sors de mon antre pour me placer devant mon ordinateur et rédiger une réponse à Wélia.

De : Max

Objet : Je suis très exigeant…

À : Wélia

Ma chère Wélia,

Je viens de prendre en compte tes derniers arguments. Tu m’as l’air bien renseignée et je me demande comment tu connais le pseudo de mon pire ennemi. C’est un ignoble chantage que tu me fais là et, venant de toi, je ne pensais pas que tu en serais capable. De plus, tu m’as tout de même lancé un défi et bien entendu, je ne peux que le relever ; cependant n’oublie pas que tu seras punie de 20 coups de cravache pour avoir osé me défier.

Mais, avant de se rencontrer, j’aurai besoin de tester ta capacité à jouer avec moi. Tu comprendras aisément que je n’ai pas envie de perdre du temps avec une gamine qui pourrait s’imaginer parvenir bien au-delà de ce qu’elle serait réellement capable d’atteindre. Aussi, je te propose deux petits tests que tu devras réaliser à distance. Je t’enverrai les instructions du premier scénario à accomplir dès réception de ton aval sur le principe.

 

De : Wélia

Objet : Même pas peur !

À : Max

Mon très cher Max,

Ne trouvez-vous pas normal que je me renseigne au sujet de celui que j’ai choisi pour faire mon éducation ? Votre histoire avec Cagna a fait le tour du site. Je sais que vous avez été envié avec cette femme qui, paraît-il, possédait une plume extraordinaire. Tout le monde sait qu’on a voulu vous détruire par jalousie. Je me suis tellement bien renseignée que je sais même à quoi vous ressemblez. Je le sais depuis le début de notre correspondance. Vous êtes du type italien, 1m73, soixante-quinze kilos, les cheveux couleur corbeau, les sourcils épais mais entretenus. Le regard vif, vous portez des lunettes. Pour vous habiller, vous avez une préférence pour le noir. Vous aimez l’osso bucco, la paella, et le Côtes-Du-Rhône. Vous avez une voiture gris métallisé. Je peux même vous dire chez qui vous êtes assuré. D’ailleurs, permettez-moi de vous faire remarquer que vous n’êtes pas très bien couvert. Mais revenons à notre petite affaire. Je suppose que vous ne tomberez pas de haut en apprenant, par le présent mail, qu’envisager être punie par vos soins m’en a fait mouiller abondamment ma petite culotte. J’avoue que j’ai hâte de sentir le cuir de votre cravache brûler mes chairs.

En ce qui concerne vos tests, vous avez mon aval : j’attends vos instructions.

 PS : Quelle humiliation de se sentir sous-estimée à ce point ! Je ne suis pas une gamine !

 Cette petite est vraiment bien renseignée sur moi et là, j’avoue être agréablement surpris. Voilà une jeune femme qui sait ce qu’elle veut et qui met tout en œuvre pour y parvenir. Je suis admiratif et fier de susciter un tel engouement ! Mais j’ai du mal à m’imaginer faire quoi que ce soit avec cette jeune personne. Aussi je me dis que, si elle échoue aux tests que je vais lui faire faire, elle comprendra par elle-même qu’il existe une différence entre le virtuel et le réel. En revanche, si elle les passe avec brio, alors là, je pense que son âge ne sera plus un obstacle et la pervertir ne pourra être que pur délice ! Ma petite voix diabolique commence déjà à se faire entendre en me disant :

Toutes les excuses sont bonnes, surtout la dernière ! Je décide finalement de lui laisser sa chance en lui imposant deux épreuves. Je lui envoie donc sa première mission avec obligation de m’en faire un fidèle compte rendu comme cela sera souvent le cas.

 

Extrait 2/3

Je sens soudain ses ongles s’enfoncer dans mon dos ce qui, à ce moment précis, provoque une montée brutale d’adrénaline. Sa tête cogne la porte, et elle se met à jouir dans un cri qui résonne dans tout le bâtiment. Ses jambes tremblent, son ventre se crispe nerveusement ; à mon tour, je me libère en elle dans un grognement animal. Nous restons dans les bras l’un de l’autre, le temps de reprendre notre souffle. Puis elle m’échappe, glissant entre la porte et moi pour s’agenouiller, ne voulant rien perdre :

— Je t’avais dit que je serai une bonne élève.

Elle est douce, très douce. J’attends qu’elle termine avant de la tirer vers le haut en l’empoignant par les cheveux. Puis je plonge mes yeux dans les siens, sans desserrer ma prise :

— Bonne élève dis-tu ?

— Oui, pourquoi ?

— À qui as-tu demandé la permission de jouir ?

— Je n’avais pas envie de demander ! Je jouis quand je veux ?

— Non. Tu jouis quand JE le veux, MOI. Tu seras punie de vingt coups de cravache !

D’un coup d’épaule, la sauvageonne se dégage et tente de m’échapper :

— Et où vas-tu comme ça ?

— Me laver, je commence à avoir des fuites ! Et cette fois ne dis pas que c’est de ma faute !

Elle me regarde les yeux grands ouverts, comme si elle cherchait à me tenir tête.

— Petite effrontée, je ne veux pas que tu te laves ! Viens, on va chercher du pain à la boulangerie. À pied nous en avons pour 5 minutes.

— Mais je ne peux pas y aller comme ça !

— Vingt coups de cravache chaque fois que je vois une goutte par terre.

— Salaud !

— Oui.

Elle m’embrasse fougueusement :

— Laisse-moi changer de chemisier…

— Non, attends.

Je me rends dans la chambre, plus exactement vers mon bureau pour en revenir muni d’une agrafeuse. Et hop, trois coups d’agrafes remplacent les boutons manquants. Je contemple avec un grand sourire son air hébété :

— Mais t’es un grand malade, toi !

— Oui, et je ne me soigne pas !

— On y va ?

Le temps que je ferme la porte à clé, il y avait déjà une goutte sur le palier :

— Vingt !

— Quoi ? Mais c’est pas moi ça !

— T’as raison, c’est la voisine ! Tu manques d’entraînement !

— Je voudrais bien t’y voir !

— Moi pas !

Tout le long du chemin, je la surveille. De temps à autre je la vois serrer les cuisses en les frottant l’une contre l’autre. Ce n’est pas idiot comme technique.

— Messieurs dames…

— Une baguette s’il vous plaît.

Je murmure au creux de l’oreille de Wélia :

— Quarante !

— Quoi ?

— Tu veux que je répète ?

— Non !

Je la vois rougir, ce qui me donne envie de rire. Je paie le pain et nous ressortons.

 

Extrait 3/3

Nous sommes face à la mer dans laquelle la lune se reflète de mille feux. Un vent léger, doux et agréable, fait voleter les cheveux de Wélia. Accoudée au garde-fou, son verre à la main, elle regarde le ressac des vagues sur la plage, rêveuse. Je m’approche d’elle, lui enserre la taille et je l’embrasse dans le cou :

— Tu es belle Wélia.

Sans se retourner, je l’entends me répondre :

— Aime-moi idiot !

— Tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes. Le supporterais-tu ?

— Je suis ta propriété. Par définition ne suis-je pas censée tout supporter ?

— Tu es folle d’avoir des sentiments aussi puissants.

— Je t’aime d’une façon inconditionnelle. Aucune femme ne t’a aimé comme ça dans ta vie, et ne t’aimera avec une telle force. Je serai la seule à t’offrir ce que je suis en train de te donner.

— Tu es bien sûre de toi…

— Oui j’en suis certaine. Tu ne connais pas mes limites, et tu sais pourquoi ?

— Non…

— Parce que je n’en ai pas…

Pour la première fois depuis que je la connais, je sens quelque chose de dangereux dans ce qu’elle vient de me dire. Serait-elle psychopathe ? Et si je ne pouvais aimer que ce genre de femme ? Je lui porte un intérêt soudain, différent de celui que j’éprouvais pour elle jusque-là. C’est comme si, à cet instant précis, avec ces quelques mots elle me fascinait. Elle ne s’est pas retournée une seule fois durant ces quelques paroles échangées en catimini. Elle scrute toujours la mer. Mes bras lui enserrent davantage la taille, l’emprisonnant dans mon souffle chaud. Elle penche sa tête sur le côté et me murmure :

— Je t’aime…

— … moi non plus

— Kiss kiss…

 

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