Max Heratz

Laissons l’auteur se présenter lui-même.

Tout petit, j’aimais jouer aux cow-boys et aux indiens. J’étais celui qui capturait la jolie squaw pour l’attacher à un arbre. J’avais déjà la passion des cordes et j’étais réputé pour connaître bon nombre de nœuds, ce qui épatait les copains. Lorsque la squaw était libérée, et si elle avait été particulièrement coopérative, alors je l’emmenais avec moi pour cueillir des coquelicots dans les champs. Je ne savais pas que je vivais les prémices du principe châtiment/récompense.

Puis vint l’adolescence. Le petit cow-boy que j’étais s’éteint pour donner naissance à un jeune homme déjà diaboliquement attiré par les filles. Rassurées d’être entre des mains paraissant si sûres d’elles, beaucoup se laissèrent s’effeuiller sans la moindre retenue. Je compris très vite qu’il était facile de séduire par le rire et les vers. Aussi, si mon insouciance en amusait quelques unes, mes premières poésies en séduisirent bien d’autres.

Les mots et leurs enchantements m’ont très vite fasciné. Je me suis rapidement intéressé aux poètes comme Baudelaire, Joe Bousquet, Gainsbourg et bien d’autres encore qui influeront beaucoup sur mes écrits. Quant à mes lectures, elles variaient en fonction des saisons, des œuvres du Marquis de Sade pour aller jusqu’au Capital de Karl Marx en passant par l’œuvre complète de Fiodor Dostoïevski qui devint rapidement mon auteur fétiche. Ces romans métaphysiques centrés sur la question angoissée du libre arbitre et de l’existence de Dieu ne tardèrent pas à interférer dans les textes toujours plus décadents qui commencèrent à couler sous ma plume. L’adolescence est une période fragile durant laquelle on remet tout en question : l’autorité, la morale, les mœurs, l’Eglise, la société en général. Aussi, plonger dans l’univers de Fiodor Dostoïevski à ce moment-là, alors que j’avais déjà des pulsions me poussant vers une sexualité non conventionnelle, ne pouvait que donner naissance à un libertin amoureux de sa plume, teinté d’un romantisme que je masquerai par pudeur, romantisme dramatique, marqué par toute cette littérature russe qui berça ma jeunesse.

Adulte, la vie m’entraîne à faire des séjours dans d’innombrables bras féminins, me faisant découvrir par la même occasion quasiment toutes les régions de France et parfois même des contrées bien plus éloignées. Très vite, quelques amies appréciant mes poésies et les récits qu’il m’arrive de faire de mes rencontres, me réclament un roman. C’est ainsi qu’est né Je t’aime, moi non plus.