Extraits n°1

Elle était allongée sur le dos. Sa tête lui faisait mal, elle ne pouvait pas la bouger. La seule chose qu’elle voyait était le plafond bas de la pièce. Elle sentit qu’on la tirait par les pieds. Traînée par une force impressionnante, elle était incapable de se défendre. Elle ne pouvait que se laisser faire. Elle sentait les irrégularités du sol sur son dos. Son pull avait bougé et le sol égratigna la peau de son dos. On la replaça sur sa couche miteuse comme un vulgaire sac de farine.

Maman se pencha sur elle et lui envoya à la figure son haleine fétide, moisie.

— Comment avez-vous pu croire que ce serait si facile ?

Elle ne prit même pas la peine de répondre. À quoi cela aurait-il servi ? Il s’agissait de dingues, de fous pervers. Aucun dialogue n’était possible. Elle préféra se murer dans le silence.

L’homme déguisé en femme déchaîna sa colère sur elle. Il la frappait de ses poings immenses partout sur le corps. Il n’avait plus aucune retenue. Les coups atteignaient la jeune femme avec une telle rage que celle-ci en avait le souffle coupé. Chaque geste était suivi d’une douleur insupportable, inimaginable. Comment un corps pouvait-il endurer de telles souffrances ? Un déferlement de rage et de frustration s’empara d’elle. Elle commença par hurler et se débattre mais les coups étaient de plus en plus violents et rapprochés. Elle tenta de se protéger de ses bras du mieux qu’elle put, mais les coups étaient trop nombreux. À un moment, elle s’abandonna à la douleur. Son corps n’était plus qu’une masse inerte, paralysé par la souffrance intense donnée par un sadique assoiffé de vengeance.

Lorsque Maman en eut assez ou fut trop fatigué pour continuer, il traîna Chris hors du matelas et la balança par terre comme un vulgaire sac de chiffons. La fraîcheur du sol sur ses plaies lui fit du bien un court instant. Elle n’aurait jamais pensé atteindre un tel seuil de douleur.

De toute sa vie, elle n’avait jamais reçu ne serait-ce qu’une fessée. C’était une enfant sage et ses parents n’étaient pas partisans de la manière forte avec l’éducation. Durant sa jeunesse, elle n’avait jamais eu de problèmes relationnels avec ses condisciples de classe et à l’âge adulte, aucun homme n’avait eu l’audace de lever la main sur elle. Elle imaginait ce que les enfants et les femmes battus ressentaient. En plus de la douleur, un sentiment d’injustice la submergea et ensuite, ce fut la haine. La haine pour ses bourreaux, pour ses tortionnaires.

Mais le cinglé n’en avait pas fini avec elle. Il alluma une cigarette et vint s’asseoir à côté d’elle à même le sol. Instinctivement, elle recula, elle savait ce qu’il allait lui faire. Et en effet, lorsqu’il écrasa la première fois sa clope sur le mollet de Chris, elle trouva la force de hurler et de ramper pour s’éloigner du monstre.

— Papa, rattrape-la et tiens-la bien.

Papa était resté debout et se massait la gorge, le regard vide comme à son habitude. Il n’avait pas fait un geste lorsque l’autre l’avait battue. Il ne réagit pas plus quand Maman l’interpella.

— Je te dis de venir la tenir. Amène-toi tout de suite. Retire-lui son pantalon.

Cette fois-ci, il avait crié. Ce fut comme un électrochoc pour son complice. Il se précipita sur Chris et lui arracha son pantalon. Celle-ci se débattit avec l’énergie du désespoir, lui donnant des coups de pied dont certains l’atteignirent au visage. Il gémit mais ne lâcha pas sa prise. Il réussit à lui retirer son vêtement et elle se retrouva en petite culotte.

Dans la tête de Chris tout se précipita. Elle n’avait plus qu’une question qui tournait en boucle, qui faisait écho.

Son pantalon ? Pour faire quoi ? Des images de viols lui vinrent en tête.

Elle avait vu des victimes passées à l’hôpital, complètement brisées, anéanties, vidées. Elle les revoyait arrivées aux urgences, la prise en charge par les médecins, les examens traumatisants. Elle les avait toujours plaintes sans vraiment s’intéresser à elles. Et maintenant, c’était à son tour. Tout son corps se révolta, elle se débattit comme une lionne.

Il balança le vêtement qu’il tenait toujours dans la main et maintint la jeune femme solidement au sol. Tout son poids était concentré dans ses mains qui encerclaient les poignets de la jeune femme et il la plaqua violemment contre le sol. Pour être sûr d’avoir une bonne prise, il posa son genou sur la cage thoracique de Chris, ce qui lui coupa le souffle.

Elle vit l’autre monstre s’approcher d’elle et allumer une autre cigarette. Une évidence se fit en elle, ils allaient la torturer, lui faire excessivement mal.

Maman écrasa à plusieurs reprises sa cigarette sur ses jambes avec une satisfaction non feinte. À chaque brûlure, tout son être hurlait. L’autre prenait son temps, se délectait de la souffrance de la captive. L’odeur de chair brûlée était omniprésente, écœurante.

Extraits n°2

L’homme ne portait rien hormis une des nuisettes que la jeune femme avait mises dans sa valise. Il avait choisi celle qui était vaporeuse, d’une couleur rose clair, la préférée de Chris. Le déshabillé était tellement transparent que l’on aurait pu croire que Papa était enveloppé d’une brume translucide.

Son sexe minuscule, ridiculement fin, se balançait entre ses jambes d’une maigreur famélique tel un pendule entre les mains d’une voyante. En d’autres circonstances, la situation aurait pu être comique mais connaissant les hôtes de cette maison, elle en devenait dramatique.

Chris recula le plus loin possible pour que la vision de cauchemar ne s’approche pas d’elle. Elle se disait qu’en fermant les yeux le démon disparaîtrait comme lorsqu’elle était petite et qu’elle croyait voir un monstre au plafond. Mais cela ne marchait que pour les enfants et hélas, pour elle, elle était une adulte.

Il tenait entre ses mains une pomme et une couverture. Il tendit les deux à la jeune femme. Réticente, elle finit par les prendre d’une main tremblante et les posa par terre. Cela la répugnait de les toucher.

Elle n’osait pas le regarder. Elle ne comprenait pas ce qu’il faisait accoutré de la sorte.

— Vous voyez ma p’tite dame, j’ai tenu ma promesse.

— Merci.

C’était tout ce qu’elle trouva à dire. Elle ne voulait qu’une chose, qu’il s’en aille, qu’il la laisse. Que cette vision disparaisse.

Mais l’homme n’avait pas encore fini.

— Comment vous me trouvez ?

Il tourna sur lui-même comme une jeune fille le ferait pour son bal de promo.

— C’est Maman qui a insisté pour que je la mette. Vous n’êtes pas fâchée au moins ?

Alors, c’était Maman l’instigateur de cette mascarade, elle aurait dû s’en douter. L’autre larve était beaucoup trop idiot pour ce genre de petit jeu pervers. Elle tenta de se calmer et de ne pas montrer sa peur.

— Non, ne vous inquiétez pas, vous pouvez tout garder. Je n’en veux plus.

— Oh, c’est gentil. Si vous voulez, je pourrai essayer une autre tenue la prochaine fois.

Chris pensa que ce n’était pas nécessaire. Elle avait vu tout ce qu’elle pouvait voir et cela lui suffisait amplement.

— Je peux venir m’asseoir près de vous ?

Non, il était hors de question qu’il vienne près d’elle. Rien que le fait d’imaginer ce porc, avec son sexe ridicule pendouiller lamentablement, être à proximité d’elle lui donnait envie de vomir. Elle ne savait pas ce qu’elle pouvait lui dire pour qu’il parte. Elle cherchait la meilleure formulation pour ne pas le froisser.

Papa prit son silence pour un assentiment et vint se coller à elle sur le matelas. Elle se redressa et regarda droit devant elle. Tout son corps se figea. Elle ne voulait pas le voir. Elle refusait de le regarder.

Il empestait la saleté. Il y avait des relents de transpiration, d’urine et de bien d’autres choses encore qui émanaient de lui. Une nausée violente s’empara d’elle et elle dut réprimer un hoquet. La jeune femme tenta de s’éloigner mais il la retint en attrapant un de ses poignets. Il avait une force incroyable, elle n’aurait jamais pensé que ce corps famélique pouvait avoir une telle puissance.

Et là, le cauchemar commença. Il dirigea la main de la jeune femme vers son propre sexe et la referma dessus. Sa main à lui était posée sur celle de Chris et il imprima des mouvements de va-et-vient. Les mouvements devinrent de plus en plus rapides et elle n’avait aucun moyen de se défaire de la poigne de Papa.

Au fur et à mesure que son excitation augmentait son sexe se durcissait. Chris ne pouvait pas bouger, elle pleurait intérieurement. Elle avait atteint les sommets de l’horreur, en tout cas, c’était ce qu’elle pensait car le pire allait arriver.

Tout à coup, il la renversa sur la couche crasseuse et lui arracha son pantalon. Il ne restait plus que sa petite culotte entre elle et le membre dur de l’homme. Elle se tortilla dans tous les sens pour tenter de se dégager mais elle n’avait pas assez de forces. De guerre lasse, elle abandonna. Lorsqu’il vit que sa victime ne bougeait plus, l’homme en profita pour lui retirer ses sous-vêtements. Il la pénétra violemment. Chris hurlait mais cela ne semblait pas arrêter son violeur. La douleur était insoutenable, elle n’en pouvait plus. Le poids de cet être sur elle, même s’il ne pesait pas lourd, l’oppressait, l’empêchait de respirer.

Extraits n°3

Le trio démoniaque fit son apparition. Chris se sentait comme la spectatrice d’un numéro satanique donné dans un cirque de l’horreur. Trois visions cauchemardesques. Papa, cadavre maigrichon ambulant avec son air d’enfant battu, mais pervers redoutable. Maman, force de la nature grimée en femme et sadique à souhait. Et enfin bébé Sam, le clou du spectacle. Plus de deux mètres de graisse et de peau pendante, avec un visage lunaire inexpressif, affublé d’une couche souillée et dégageant une odeur fétide. Voilà, la troupe était au complet. Le spectacle pouvait commencer. Et ce fut, le cerveau du groupe qui prit la parole :

— Vous connaissez déjà bébé Sam, ma chère. Il est impatient de pouvoir jouer avec vous, n’est-ce pas mon petit ?

« Mon petit » comme ce mot semblait incongru pour désigner ce monstre. Il y avait beaucoup de qualificatifs qui venaient à l’esprit de Chris en voyant l’amas immonde qu’était bébé Sam mais petit n’en faisait pas partie.

Elle fut étonnée que Maman et Papa les laissèrent tous seuls. Ce qui ne devait pas être prévu car Papa semblait ne pas vouloir s’éloigner. Il jetait des regards désespérés à la jeune femme comme s’il quémandait son aide. Maman dut le rappeler à l’ordre d’une claque derrière la nuque. L’homme baissa la tête en signe de résignation et suivit son maître comme un bon toutou l’aurait fait.

Elle s’apprêta psychologiquement à la confrontation qui l’attendait avec cet être tout droit sorti d’une histoire lovecraftienne.

Bébé Sam s’approcha d’elle de sa démarche saccadée. Il portait toujours sa couche crasseuse, souillée de ses excréments. Péniblement, il s’assit par terre en face de la jeune femme et lui sourit bêtement. Il n’y avait aucun doute possible. Ce sourire béat et cet air vide prouvaient que le colosse avait un déficit mental, en tant que médecin, elle en était certaine.

Il continua de la regarder avec ses yeux éteints et ouvrit la bouche pour dire :

— Poupée, ma jolie poupée à moi.

C’est tout ce qu’il pouvait dire. Il répétait en boucle cette phrase ce qui mit mal à l’aise la jeune femme.

Il se leva péniblement, et vint s’affaler sur la couche crasseuse à côté de Chris. Le déplacement de celui-ci amena une odeur fétide aux narines de la chirurgienne. Des remous nauséabonds vinrent agresser son odorat. Elle décida de respirer par la bouche pour éviter une nausée et dégobiller sur place. Elle était vraiment très mal à l’aise. Elle ne savait pas comment se comporter avec ce genre de personnes. Elle prit le parti de le considérer comme un être normal.

— Bonjour, c’est bébé Sam ton nom, n’est-ce pas ?

— Jolie poupée.

— Oui, je suis ta jolie poupée si tu veux. Comment vas-tu aujourd’hui ?

— Jolie poupée à moi.

 

 

 

 

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