Sentimentale moi (extraits)

Extrait 1/3

Je reprends ma place quand on frappe à la porte. L’homme se dirige avec empressement vers celle-ci et l’ouvre, laissant passer Brian, l’ancien associé du père de Rafael. Mon cœur fait aussitôt une embardée. Mes yeux ne peuvent se détacher du visage triomphant du nouvel intrus. Mon rythme cardiaque est au bord du supportable. J’ai l’impression que mon sang quitte mon visage.

  • Mais je croyais qu’il était derrière les barreaux, ce dingue ! s’affole Pierla.
  • Je ne pouvais pas rêver mieux, lâche-t-il en me fixant sournoisement.

Attache-moi cette putain aussi, siffle-t-il à travers ses dents.

L’homme hésite puis me passe les menottes dans le dos.

  • C’était donc toi, derrière tout ça ? s’enquiert Rafael, acide.
  • Qu’est-ce que tu croyais ? Que la menace venait d’une ancienne maîtresse en chaleur ? ironise Brian.
  • Je vois que tu es toujours aussi élégant.

Il tourne son regard haineux vers moi.

  • Contente de me revoir Aurélia ? Garde en mémoire que nous avons quelque chose à terminer tous les deux.

Des crampes douloureuses se propagent dans mon ventre, ma gorge se noue, je me contrôle pour ne pas régurgiter. Une boule de rage, mélangée à la peur, se fait ressentir de plus belle au fond de ma gorge, ralentissant mon arrivée d’oxygène. Ma respiration se fait difficilement, les battements de mon cœur résonnent dans ma poitrine.

  • Ton attitude est abjecte, mais elle colle parfaitement à ta personnalité. Tu me donnes envie de vomir, lui crache Rafael en le foudroyant. Si tu t’en prends à elle, je passerai le reste de ma vie à te traquer et seule la mort mettra un terme à tes souffrances, ajoute-t-il hors de lui.

Brian sourcille légèrement devant la menace mais il se tourne vers Harry qui émet des cris gutturaux.

  • Bordel, vous m’avez donné du fil à retordre toi et tes gars.

Il lui assène gratuitement un violent coup de pied dans les côtes. Harry grimace et se tord. Brian exulte. Rafael fait immédiatement diversion.

  • Comment es-tu sorti de prison ?

Brian se retourne vers lui, le visage triomphant, suintant et bouffi d’orgueil.

  • Ce n’est pas moi qui vais t’apprendre le système judiciaire, il suffit de trouver la faille.
  • Laisse-la partir, c’est à moi que tu en veux.
  • Nous sommes très bien tous ensemble, dit-il en ricanant amèrement.
  • Ne la mêle pas à tout cela.

Une étincelle de sadisme s’allume dans le regard de Brian, lorsque ses yeux passent de mon mari à moi.

— Je veux que tu souffres Rafael Smith, comme j’ai souffert. Je crois bien que cette fois-ci, je vais la baiser devant toi.

Extrait 2/3

En milieu de soirée, les rires et les conversations couvrent les pas de Rachel, qui ne cesse d’arpenter le premier étage. L’ombre qui apparaît à espace régulier en haut des marches ne passe pas inaperçu à mon regard. Je m’éclipse en cachette pour en avoir le cœur net.

  • Que fais-tu Rachel ? Désires-tu nous rejoindre en bas ? Dis-je en la tutoyant d’emblée.
  • Non, non. Je… j’étais juste curieuse. Cela ne se fait pas d’épier les gens.
  • Bien sûr que si, dis-je avec enthousiasme.

Elle me dévisage, l’air gêné.

  • Viens à côté de moi, lui dis-je en m’allongeant par terre, laissant juste dépasser ma tête sur la première marche afin que les invités ne nous voient pas.
  • Vous plaisantez !
  • Non ! Viens, je faisais cela lorsque j’étais enfant, dis-je à voix basse. Tu peux me tutoyer.

Elle s’allonge à côté de moi sans rien dire. L’expression qui se dessine sur son visage, me ravit.

  • Tu vois la belle blonde pétillante, c’est ma meilleure amie, Cathy. À côté d’elle c’est son fiancé, Giacomo. Il travaille avec Rafael.
  • Ils vont nous voir, dit-elle en chuchotant.
  • Pas dans cette position, j’ai testé plus d’une fois quand j’étais petite.
  • Qui est cet homme, près de Cathy ?
  • Lui, c’est Fred, mon meilleur ami. C’est la personne masculine que j’aime le plus après Rafael.
  • Il est beau, presque aussi beau que Rafael.

Je tourne mon visage vers le sien, elle semble ravie du spectacle qui s’offre à nous.

  • Oui je sais, il plaît beaucoup aux femmes.
  • Rafael n’est pas jaloux ?
  • Jaloux de quoi ?
  • Que vous soyez amie avec un homme.
  • Je connais Fred depuis longtemps, nous sommes très complices et Rafael connaît les rapports que j’entretiens avec lui. Et je te le répète, tutoie-moi.

Elle paraît se satisfaire de cette réponse et m’interroge sur une bonne partie des autres invités.

Extrait 3/3

D’une main sûre mais ô combien douce et délicate, il écarte de mon visage une mèche échappée de mon chignon et la glisse derrière mon oreille. Son simple geste me déclenche un frisson qui ne passe pas inaperçu aux yeux de Didier. Ses traits deviennent séducteurs, ma bouche s’entrouvre afin de mieux respirer. L’instant se fige, son regard emprisonne le mien avec insistance et désir. Délicatement il m’attire à lui, mes lèvres ne tardent pas à découvrir le goût des siennes.

Notre relation a commencé ce soir-là. Si je n’avais pas été en mission, j’aurais pu facilement tomber amoureuse de lui, parfois il me faisait presque oublier Rafaël. Rien n’était trop beau pour moi, les cadeaux, les fleurs et les voyages se succédaient. Je gagnais sa confiance petit à petit et souvent il me lâchait un renseignement sans même s’en rendre compte. J’avais demandé à Matt de me retirer de cette enquête car sans l’aimer d’un amour véritable, j’éprouvais bien plus que de la sympathie pour lui. Je n’avais jusqu’à présent jamais ressenti ce sentiment lors d’une mission. Il me faisait souvent rire aux éclats, me demandait toujours mon opinion sur tel ou tel projet, prenait toujours en considération mon avis et notre complicité avait irrité la gent féminine qui l’entourait. Matt avait écarté de suite ma requête, notre relation était une aubaine pour l’enquête et je ressentais un goût amer de trahison envers Didier.

La réception de ce soir est en mon honneur, il désire me présenter comme sa compagne légitime devant pas moins de deux cents invités. Beaucoup de notables de la région mais aussi des hommes d’affaires étrangers et bien évidemment mon très cher Matt et deux autres agents font aussi de la partie de cette soirée.

Didier m’attend en bas des marches dans l’entrée du château, il semble subjugué par ma descente, l’émotion se lit sur son visage.

  • Tu es magnifique ma chérie !
  • C’est toi qui me rends ainsi.
  • Je crois que je vais faire des jaloux ce soir, tu es mon plus beau trésor.
  • Cette robe y est pour beaucoup, elle ne laisse pas indifférent.
  • Elle te va à ravir, tu es sublime. Retourne-toi, je crois qu’il te manque un petit quelque chose. Peux-tu soulever tes cheveux, s’il te plaît ?

Je m’exécute sans dire mot et je sens sur la peau de mon cou la fraîcheur d’une chaîne en or blanc au milieu de laquelle trône un immense diamant.

  • Resplendissante !

Machinalement ma main se ferme sur la pierre précieuse et un sourire de ravissement illumine mon visage.

  • N’est-ce pas un petit peu trop ?

En guise de réponse, il dépose un baiser sur mes lèvres.

  • Viens maintenant, il est temps que nos invités découvrent la chance que j’ai de t’avoir à mes côtés.

 

 

 

 

 

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