Menu

La Part de l’Ange (extraits)

21 février 2017 - Nos livres

Extrait 1/3

Mon ego est touché, pour qui se prend-il celui-là ? Il m’oblige à venir ici, à boire, me fait des remarques plutôt déplacées et maintenant il m’insulte ? Je sens la situation m’échapper ! Sans m’en rendre compte j’ai déjà vidé mon verre de vin et je sens une bouffée de chaleur me monter au visage… J’explose :

— Comment osez-vous ? Comment osez-vous vous conduire ainsi Monsieur Gasparini ? Vous êtes peut-être mon supérieur dans les locaux de la boîte mais pas ici ! Je ne sais même pas pourquoi je suis venue ! Vous n’avez pas à vous comporter en goujat avec moi ! Je ne suis pas qu’une coquille vide mais je suis polie contrairement à vous ! Que voulez-vous ? Que je vous dise que Klein est un misogyne de la pire espèce, qu’il passe un temps suspect enfermé dans son bureau avec Laura la secrétaire et que sa bouche à des relents d’égouts ? Et en quoi ma vie privée vous intéresse-t-elle ? Que gagnez-vous à savoir que je ne suis pas mariée, que je suis célibataire depuis presque toujours parce qu’aucun homme n’a su m’aider à m’épa-nouir ? Que…

Merde ! Qu’est-ce que je dis là ? J’en dis trop ! Je ne le connais même pas.

Il reste la bouche entrouverte, un peu ébahi l’espace d’un instant, puis reprend son sourire en coin et ses yeux pénétrants.

— Voilà Mya, voilà ce que j’attendais, que vous brisiez votre carapace ! Je suis de votre avis pour Klein, et j’ai remarqué que la secrétaire semblait plus jolie qu’intelligente et je suis navré que vous n’ayez jamais joui.

Oh ! Le coup bas ! Qu’est-ce que je fous là moi ? Pourquoi est-ce que je reste comme une conne sur mon siège à le laisser m’insulter et s’immiscer dans ma sphère ? !

 

Extrait 2/3

Je m’exécute encore une fois. Ma conscience à une petite gueule de bois mais elle me regarde droit dans les yeux, me traitant de pute. Je la fais taire mais je prends note de sa remarque ! J’essaie d’oublier cet homme à l’écran qui me voit nue sur un lit dans une chambre d’hôtel. Que doit-il penser de moi ?

— Passe doucement tes mains sur ton cou, ta poitrine… bien, oui, doucement, caresse-toi. C’est bien. Tu es si belle. Laisse glisser tes doigts sur ton ventre, je veux que tu te donnes du plaisir. Charles et moi nous te regardons.

Charles ? Il n’a pas une tête à s’appeler Charles.

Mes mains glissent sur ma peau, j’essaie de faire abstraction de l’inconnu. N’ayant jamais été adepte du plaisir solitaire je me sens stupide, mes mouvements sont lents, j’ai du mal à prendre du plaisir.

— Stop !

Je suis heureuse que cette épreuve soit terminée, je ne peux pas faire ça. Il s’avance, nu devant moi (il a dû en profiter pour retirer sa chemise) se place dans le champ de la webcam, debout, son sexe tendu vers moi.

— Montres à notre ami ce que tu sais faire avec ta bouche Trésor.

Oh oui, ça, j’en ai envie ! Je le reprends en bouche, je recommence à danser avec son sexe, mon plaisir remonte, j’attrape ses fesses pour le guider dans ses mouvements, je veux qu’il s’enfonce dans ma gorge, je veux qu’il dirige encore une fois.

— Ouvre les yeux maintenant, regarde-le.

 

Extrait 3/3

Il se tourne vers mon professeur qui se contente de sourire pour consentir.

Charles reprend :

— Puis-je t’emprunter ta protégée ? J’aime-rais qu’elle m’appartienne pour… disons une heure.

— Tu peux l’emprunter mais ôte-toi l’idée qu’elle t’appartienne ne serait-ce que l’espace d’un instant.

La réponse de mon amant est plus un grognement, son ton est menaçant mais il vient tout de même d’accepter la proposition de son ami.

— Chère Alice, si le cœur vous en dit, je vous invite à me suivre.

Me tournant vers Gabriel, j’attends un signe de sa part, m’autorisant ou non à suivre Charles. Un léger hochement de tête m’en donne la permission, mais je suis rassurée de voir que même au bras de mon nouveau partenaire, mon maître reste à proximité. Nous contournons des couples faisant l’amour sur les banquettes, des trios s’offrant du plaisir sur les tables, et une femme qui a pris ma place sur la table ronde. Je constate avec fierté que son public est moins nombreux et plus dissipé que le mien. Charles me mène au bout de la grande salle. Je comprends très vite que nous nous dirigeons dangereusement vers les chaînes qui pendent au mur. Une autre créature est d’ailleurs attachée à quelques mètres. Les mains liées, nue, à genoux, elle offre une fellation à un homme pendant qu’une femme la pénètre avec un godemiché.

— Déshabille-toi ! m’ordonne mon vampi-rique compagnon.

Je m’exécute tremblante, les larmes me montant aux yeux quand je croise le regard agacé de Gabriel. Il n’intervient pas mais semble appréhender la suite des événements au moins autant que moi. En tenue d’Ève, je me laisse attacher aux lourdes chaînes d’acier. Je pourrais dire non, je pourrais utiliser le code d’alerte, mais je n’en fais rien. Ma curiosité est sans limite, je veux savoir, je veux ressentir, je veux expérimenter.

Une fois entravée, Charles me chuchote ces paroles qui me glacent le sang :

— Quoi qu’il en dise, je vais te posséder. Et moi, je n’aurais aucun sentiment à ton égard !

Il défait son pantalon et attirant mon visage sur son entre jambe m’ordonne de lui donner du plaisir. Je prends donc son sexe érigé en bouche, entamant un lent va-et-vient, comme j’ai l’habitude de le faire, m’appliquant malgré mes poignets qui commencent à être endoloris. Ses coups de reins poussent son membre au plus profond de ma gorge ce qui provoque chez moi un mouvement de recul. C’est ainsi que s’abat sur mes cuisses le premier coup de canne. La douleur irradie aussitôt, faisant jaillir une larme sur mes joues.

— Applique-toi et ne chiale pas !

Je recommence donc mon travail, me concentrant afin de ne pas recevoir d’autres coups. Ma conscience qui s’était jusque-là murée dans le silence, retranchée dans un couvent afin de purger mon âme, brandit les couleurs du féminisme, me rappelant qu’il s’agit là d’un acte forcé. Néanmoins, aussi étonnant que cela puisse paraître, mon entre jambe est trempé à l’idée de devoir être totalement soumise à cet homme, à la simple pensée que la punition peut tomber. Mes mouvements s’accentuent, s’intensifient sur ce que l’on m’offre. Soudain, il tire violemment sur ma tresse pour stopper mes gestes.

— Debout !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.